Le 14 septembre, des dirigeants portuaires réunis à Busan ont adopté la Busan Port Declaration 2026, qui rassemble 11 grands ports autour d’un programme commun de collaboration numérique, de résilience des chaînes logistiques et de transition énergétique. Le Port de Barcelone, l’un des participants, a confirmé la déclaration le 16 septembre. Les participants comprenaient Busan, Barcelone, Rotterdam, Los Angeles, Hambourg, Anvers-Bruges, HAROPA, Singapour, Long Beach, Seattle et Ningbo.
Les engagements vérifiés portent sur une interopérabilité accrue des données et une collaboration numérique entre ports, l’utilisation de l’intelligence artificielle pour améliorer la gestion des chaînes logistiques, la promotion de carburants durables et de technologies à faibles émissions, ainsi que l’échange d’expérience opérationnelle et de bonnes pratiques. La déclaration désigne également l’International Association of Ports and Harbors et l’Organisation maritime internationale comme plateformes de coopération.
Cette déclaration est une expression d’alliance, et non une nouvelle réglementation. Les éléments publiés ne fixent ni norme technique commune de données, ni mécanisme de financement, ni calendrier, ni spécification de carburant, ni objectif d’émissions, ni obligation applicable aux navires, terminaux ou intérêts cargaison. Son importance immédiate est donc stratégique : elle relie des ports situés sur des axes majeurs entre l’Asie, l’Europe et le Pacifique, influençant les informations d’escale, la planification du soutage et de l’alimentation électrique à quai, ainsi que la visibilité des flux de marchandises.
Pour les armateurs, gestionnaires et capitaines, l’enjeu opérationnel sera de savoir si cette initiative se traduit par des messages d’escale compatibles, des informations plus fiables sur les postes à quai et les arrivées, et des procédures plus claires pour les interfaces de carburants alternatifs et d’Onshore Power Supply (OPS). Pour les affréteurs et chargeurs, un meilleur partage de données pourrait à terme améliorer la fiabilité des ETA et la gestion des perturbations, mais la déclaration ne crée pas en elle-même de service de visibilité client et ne garantit pas la disponibilité des données.
Les intérêts P&I, assureurs et gestionnaires de sinistres doivent distinguer l’ambition technologique des contrôles effectivement déployés. L’IA et les plateformes portuaires interconnectées peuvent renforcer l’alerte précoce, mais accroissent le besoin de règles claires concernant propriété, validation et cybersécurité des données, pistes d’audit et responsabilités d’escalade.
Pourquoi cela compte : la déclaration n’est pas encore un référentiel opérationnel, mais elle indique de manière crédible que des ports de premier plan recherchent des voies communes de transition numérique et énergétique. Les parties devraient suivre les projets, normes techniques et corridors pilotes concrets avant d’intégrer des gains de performance ou d’émissions dans les contrats d’affrètement, escales ou engagements cargo.
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