Photographie d’archives : trafic commercial de pétroliers à proximité du détroit d’Ormuz, au large d’Oman. Image illustrative, non confirmée comme représentant l’un ou l’autre des incidents signalés. Crédit : US Navy / Wikimedia Commons

United Kingdom Maritime Trade Operations (UKMTO), selon une information de l’Associated Press publiée le 1er août, a reçu des signalements de deux incidents de sûreté distincts impliquant des pétroliers près du côté omanais du détroit d’Ormuz.

**Faits vérifiés :** Un pétrolier aurait été touché par un projectile non identifié tard le 31 juillet, à environ 11 milles marins au nord-est de Limah, à Oman. UKMTO a indiqué que la salle des machines du navire avait été endommagée. Un second pétrolier, naviguant à environ 21 milles marins au nord-ouest de Khasab, a ensuite signalé une importante gerbe d’eau suivie d’une explosion à proximité du navire. Aucune victime n’a été signalée dans les deux cas. Selon AP, les autorités régionales ont été informées.

Les informations disponibles n’identifient ni les navires, ni les cargaisons, pavillons, propriétaires, l’état technique après le premier incident ou l’auteur des faits. L’attribution doit donc rester non établie dans l’attente d’une enquête officielle ou d’une confirmation par les intérêts du navire et les autorités concernées.

**Évaluation opérationnelle :** Ces deux signalements sont importants, car une avarie dans l’espace propulsif peut rapidement transformer un événement de sûreté en risque de navigation, de sauvetage et de prévention de la pollution, particulièrement dans un passage resserré et encombré. Même sans blessure, une perte de propulsion ou de manœuvrabilité peut nécessiter l’assistance d’un remorqueur, une préparation au remorquage d’urgence, une coordination pour un port de refuge, l’intervention de la société de classification et de l’État du pavillon, ainsi qu’une notification précoce aux assureurs corps et machines, P&I, cargaison et risques de guerre.

Pour les affréteurs et les intérêts cargaison, l’événement rappelle qu’une autorisation de transit ne signifie pas que l’environnement opérationnel est stable. Les contrats et instructions de voyage devraient être vérifiés au regard des clauses de sûreté relatives au déroutement, au retard, à l’assurance additionnelle, au port sûr et à la résiliation. Les opérateurs devraient aussi s’assurer que le capitaine dispose de contacts de signalement à jour, de procédures d’escalade pour l’équipe passerelle, de listes de contrôle pour avarie de machines et d’une autorité claire pour interrompre un passage si les conditions s’écartent sensiblement de l’évaluation de risque du voyage.

Pour les gestionnaires de sinistres, les éléments contemporains seront déterminants si le dossier évolue : préservation des données AIS et VDR lorsqu’elles sont disponibles, journaux machines, photographies, constats de dommages, messages de sûreté, relevés de communications, déclarations d’équipage et avis aux intérêts cargaison. Ces éléments doivent être sécurisés rapidement, sans conclure de manière spéculative sur la cause ou l’attribution.

**Pourquoi c’est important :** L’enjeu immédiat ne se limite pas aux dommages physiques signalés sur un pétrolier. Deux incidents distincts dans la même zone opérationnelle en quelques heures démontrent que le signalement des quasi-accidents, la préparation du transit, la disponibilité de la machine et la rigueur des notifications aux assureurs restent aussi importants que le choix de route pour les navires exposés au détroit d’Ormuz.

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